Éléments
de réflexions
« Les choses les plus belles sont celles
que souffle la folie et qu'écrit la raison »
André Gide
« L'extrême limite de la sagesse, voilà
ce que le public baptise folie »
Jean Cocteau
« De l'Homme à l’Homme vrai, le chemin
passe par l'Homme fou »
Michel Foucault
Ces trois citations ont été pour
Valérie le point de départ d'une réflexion
plus globale sur l'Autre et sur la Différence... Celui qui
ne vit pas comme les autres et que les gens bien pensant nomment
: le Fou.
Or qu'est-ce que la folie si ce n'est justement
être différent par rapport à la norme? Oui mais
où sont les limites de cette norme et qui les fixe?
En effet, qui n'a pas un jour souffert du regard
des autres, du qu'en dira-t-on? Qui ne s'est pas senti, à
un moment donné de sa vie, victime du jugement rapide et
sans fondement que les autres portent sur soi, sur sa façon
de vivre, de penser, de croire même?
Mais qui n'a pas aussi, ne serait-ce qu'un court
instant peut-être, franchi la barrière tenue qui sépare
le tolérable de l'intolérance? Qui ne s'est pas perdu
parfois à ne plus accepter l'autre parce qu'il n'est pas
comme soi-même parce qu'il est différent et surtout
complètement fou....
Ces questions posées, Valérie,
en complète continuité avec la recherche amorcée
il y a plusieurs années sur le Soi et sur le Monde, à
travers les symboles et à travers les autres, tente à
exprimer par ce ballet sans apporter de réponse, mais plutôt
en soulevant la question qui sommeille en chacun de nous. Il est
le résultat du travail et de l'implication des danseurs de
l'atelier chorégraphique.
Composé de cinq tableaux, il préfigure
ce que chacun d'entre-nous a sûrement vécu : le conditionnement
avec les instits, l'apprentissage avec les étudiants,
l'obéissance avec les militaires, la réussite
sociale avec les femmes d'affaires et surtout l'envie
indicible de s'affranchir, ne serait-ce que par la pensée,
de tous ces carcans qui nous avilissent.
La blouse bleue, uniforme du travail qui
masque les individualités symbolise la norme, les règles
établies de la société, celles qui nous ramènent
toujours aux choses qui ont de l'importance pour elle, même
si nous savons en nous-même que nous sommes uniques, au nom
du principe élémentaire de liberté.
Le peintre quant à lui représente
le jardin secret que nous cultivons tous à l'abri du jugement
des autres. Il est cette petite fenêtre qui ne demande qu'à
s'ouvrir si nous en avions vraiment la volonté, pour enfin
être totalement libres.
Mais sommes-nous réellement libres?
Et ne serait-ce pas folie que de tout laisser
pour partir à l'aventure, vers l'inconnu?
Et si nous étions tous FOUS le temps d'un
instant...
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