Un Requiem est une messe des morts... «paraît-il»...
Au départ était le Cosmos,
le néant interstellaire, « l'immuable immobilité
mobile ». Ensuite vint l'Etincelle, le Chaos orchestré,
la Vie...
Puis, apparut l'Homme...
Il y a quatre millions d'années, il se
redresse soudainement sur ses deux jambes, dépassant ainsi
les hautes herbes folles de la savane. Il passe de la position oblique
à la position verticale, de celle du pénitent à
celle du dominant. Son cerveau se développe. Alors seulement
sa Pensée se structure, son geste s'ordonne.
Mais tout mouvement est-il danse ?
Le poète Lucien disait: « Avec
la création de l'univers, naquit à son tour la Danse
qui symbolise l'union des éléments: la ronde des étoiles,
les constellations des planêtes. L'ordre et l'harmonie de
tous les éléments reflètent la danse originelle
des temps de la création. »
Xénophon précise: « La
danse n'est pas de ces sujets faciles et accessibles à tous,
elle touche aux régions les plus élevées de
toutes sciences: Rythmique, Géométrie, Philosophie
surtout, Physique et Morale, puisqu'elle traduit les caractères
et les passions... Les actes de l'Homme intéressent parfois
le corps, parfois l'intelligence, tandis que la danse occupe l'un
et l'autre. Elle affine l'Esprit, exerce les membres, instruit et
charme les yeux, l'oreille et l'âme... »
Manifestation de la volonté ou langage
muet, la danse est avant tout un moyen d'approfondir l'expérience
et d'exprimer des sentiments confus tels que la joie, l'amour, la
terreur, la naissance ou la mort, la condition terrestre du profane
et du sacré.
Un Requiem est, a priori, une messe des morts. Celui de Mozart est
la sublimation à la fois du chagrin et du bonheur. Le chorégraphier
n'est pas pour autant synonyme de danse macabre. La Vie et la Mort
sont-elles seulement lumières et ténèbres,
le début et la fin?
En définitive,
la Danse est l'abandon total de soi, le corps en est l'instrument
subtil, le geste sa ligne mélodique silencieuse.
Elle symbolise l'union entre l'Espace et le Temps, l'Etre et son
Ame.
Elle est l'homme debout.
P. Dall'Ava
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